En lisant le titre, on s'imagine à un article très ironique et piquant qui parle des relations grands parents/petits enfants. D'abord toujours très sympathiques, puisque l'enfant s'habitue vite à ce vieux personnage qui lui offre des cadeaux et des bonbons en échange de trois sourires, puis plutôt houleuses car l'enfant grandit hein, il faut bien, ou carrément inexistante. Mais pas du tout.

Passer trois jours avec ma grand-mère et buller en lisant les bouquins de Bellemare, c'est quand même le paradis. J'ai pu passer du temps avec Mamette (contraction de Mamie Josette), à parler de l'ancien temps, des cheveux et des salons de thé, marcher jusqu'à Super U pour acheter une nouvelle TNT, regarder les AristochatsAristochats avec Papi en se dandinant sur EverybodyEverybody wants to be a cat, se goinfrer d'abricots et haricots verts, ouvrir tous les vieux Zola et sentir leur odeur, croquer toutes les fleurs du jardin avec mes crayons HB et ma gomme à fusain, écouter Starmania sur le vieux poste, ou rattraper le sommeil perdu, tout simplement.

Mais ce qui est chouette quand même, quand on est chez papi et mamie, c'est découvrir tous les souvenirs, entassés depuis des années dans de gros cartons, cachés derrière le canapé. Alors on les ouvre, et on est envahi par une drôle de sensation. On ne peut s'empêcher de regarder toutes les cartes postales, certaines pour ce qu'elles disent, d'autres pour leur paysage idyllique, d'autres parce qu'elles nous font rire. Parfois, on découvre de bonnes surprises. Au fond de la boîte, entre la carte humoristique du cousin Alain et la carte de NY city de Suzanne, on trouve un petit mot. Et quand on le déplie, on ne peut s'empêcher de sourire. 2 Février 1973. Ma maman écrit à son frère parti en classe de neige pour s'excuser du violent coup de guitare qu'elle lui a porté à la tête. Elle dessine pour se faire pardonner une trousse de secours et une médaille d'or. Elle avait huit ans. Et ça fait drôle.

Et dans ce carton, y'a quoi ? Des photos. Des tonnes de photos qui vous rappellent à quel point vous étiez adorables enfant. Des souvenirs pleins la tête qui remontent à la surface et vous entourent d'une atmosphère nostalgique. Je me souvenais de notre paradis à nous, ce grand jardin coloré et fruité, des après midis à se promener dans le vieux Harfleur, les Pâques et le chocolat resté caché et retrouvé deux mois plus tard, les cerises et les framboises roses et jaunes, les cornets de frites des fraîches soirées d'été, la piscine gonflable... Et nos grands sourires béats d'enfants heureux.

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Et c'est là que tu réalises que t'as 17 ans chérie.

Et que tout ça, c'est terminé.

Mathilde C.